Réforme du Pass : Examens, notes, comment l'évaluation sera faite sous la licence santé?

Pendant longtemps, l’accès aux études de santé a ressemblé à une course de vitesse : des mois de préparation pour jouer une grande partie de son avenir sur quelques épreuves décisives. Une mauvaise journée, une erreur d’inattention ou un moment de faiblesse pouvait faire basculer tout un classement.

MÉTHODOLOGIE

7/22/20263 min read

Selon les textes officiels sur la réforme qui doit progressivement remplacer le PASS, la logique pourrait profondément évoluer. Désormais, l’évaluation serait fondée sur les « performances académiques » de l’étudiant.
Mais que cache réellement cette expression ?
Le parcours plutôt que la photographie d’un seul examen

Les universités ne devraient plus regarder uniquement le résultat d’un concours ou de quelques examens finaux. Elles observeraient davantage l’ensemble du parcours de l’étudiant.

Autrement dit, on ne jugerait plus le coureur uniquement au moment où il franchit la ligne d’arrivée. On examinerait également la qualité et la régularité de toute sa course.

Pourraient ainsi être pris en compte :

  • les résultats obtenus tout au long de l’année ;

  • les notes du contrôle continu et des examens ;

  • les performances dans les matières de santé ;

  • les résultats obtenus dans la discipline principale de la licence ;

  • la régularité du travail sur l’ensemble du cursus ;

  • éventuellement, selon les universités, les résultats obtenus lors d’épreuves orales.

Tout ne se jouera donc plus comme aujourd'hui sur deux journées d'examen comme c'est le cas actuellement.

La régularité deviendrait une arme décisive

Prenons l’exemple de deux étudiants.

Le premier obtient régulièrement des notes comprises entre 14 et 16 sur 20. Il travaille avec constance, maîtrise progressivement les connaissances et ne connaît pas d’effondrement majeur.

Le second navigue toute l’année autour de 10 ou 11 sur 20, mais réalise une performance exceptionnelle lors d’un examen final.

Dans le nouveau système, le premier étudiant pourrait être davantage valorisé. Son dossier montrerait qu’il ne s’est pas contenté d’un exploit ponctuel : il a construit sa réussite pierre après pierre.

L’objectif annoncé est clair : récompenser les compétences durables, la solidité des connaissances et le travail régulier, plutôt que la seule capacité à réussir un concours extrêmement sélectif.

Il ne faudra plus attendre pour se mettre au travail

Cette évolution pourrait sembler rassurante, puisqu’elle réduirait le poids d’une seule journée d’examen. Mais elle rendrait aussi chaque semaine et chaque matière plus importantes.

Un étudiant ne pourrait plus facilement se dire : « Je me rattraperai au prochain examen. »

Les premières notes pourraient peser sur le dossier. Une matière considérée comme secondaire pourrait devenir déterminante. Plusieurs résultats moyens accumulés au fil des mois pourraient être difficiles à effacer, même avec une excellente note finale.

La réussite ne se jouerait donc plus seulement dans le sprint final. Elle se construirait dès les premières semaines, comme une maison dont chaque unité d’enseignement constituerait une brique. Si plusieurs briques sont fragiles, l’ensemble de l’édifice peut vaciller.

Toutes les matières pourraient devenir stratégiques

La conséquence est importante : les étudiants devront probablement accorder davantage d’attention à l’ensemble des enseignements. Attention sur ce point, il faudra bien avoir 10 minimum par matière. Il ne sera plus possible de compenser une matière ou l'on aurait obtenu 7 par une autre ou l'on aurait eu 13 comme c'est le cas actuellement.

Il ne suffira plus nécessairement d’être excellent dans quelques matières scientifiques majeures tout en négligeant les autres. Les résultats obtenus aussi bien dans le bloc santé que dans la discipline principale de la licence pourraient participer à l’évaluation du dossier et au classement.

Cette réforme pourrait ainsi favoriser les étudiants complets, capables de travailler dans la durée et de maintenir un niveau satisfaisant dans plusieurs domaines.

Une réforme qui soulève encore des questions

Le principe général commence à se dessiner, mais les règles précises devront être fixées.

Quelle sera la pondération du contrôle continu ?

Toutes les matières auront-elles le même poids ?

Quelle place sera accordée aux épreuves orales ?

Les résultats de la première année compteront-ils autant que ceux des années suivantes si l'on choisi de passer les épreuves la deuxième année ?

Comment les étudiants seront-ils départagés ?

Les réponses pourront varier selon les universités, dans le respect du cadre national.

Une chose semble toutefois se profiler : demain, l’accès aux études de santé pourrait moins ressembler à une porte que l’on ouvre grâce à une seule clé. Il faudra peut-être constituer, note après note, matière après matière, tout un trousseau.

Pour les futurs étudiants, le message est donc simple : il faudra prendre un bon départ, travailler régulièrement et ne négliger aucune partie du programme. Dans ce nouveau marathon universitaire, chaque étape pourra compter.